French poem
Iv
J’ai mis une robe nouvelle aujourd’hui, parce que mon corps voudrait chanter.
Ce n’est pas assez de m’être à jamais donnée; du fond de mon amour il me faut créer de nouveaux dons chaque matin. Et ne lui paraîtrai-je pas une offrande nouvelle, vêtue de cette nouvelle robe?
Pareille au ciel vespéral mon âme se colore d’une allégresse infinie, voilà pourquoi je changerai mes voiles afin qu’ils soient tantôt du vert de la jeune herbe fraîche, tantôt nuancés comme un champ de riz en hiver.
Aujourd’hui ma robe ressemble à l’azur pluvieux. Elle prête à mes membres la teinte de l’illimité, le reflet des collines d’outre-mer. Elle porte dans ses plis la joie des nuages d’été qui voyagent à travers le ciel.