French poem
Jeunesse
by Raoul Ponchon (1848–1937)
Je me souviens d’une contrée Que j’ai visitée autrefois. Comme au jour qu’elle s’est montrée À mes yeux, encor je la vois.
Elle était parfumée et verte, Y chantaient que d’oiseaux siffleurs ! Et de ciel bleu toute couverte Elle se pâmait sous les fleurs.
Sans doute pour la faire éclore Les cieux un jour s’étaient baissés : Je l’entendis toute sonore D’éclats de rire et de baisers.
Elle était folle, enchanteresse Et fraîche comme l’eau des puits. Elle s’appelait la Jeunesse… Mais je ne l’ai su que depuis.