French poem
Ces bassins sont pour moi le baquet de Mesmer
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Ces bassins sont pour moi le baquet de Mesmer ; Sans cesse m’y ramène un influx magnétique : Apollon qui s’y noie est apothéotique Et se proportionne aux rives d’une mer.
Tout ce qui fut suave, ou ce qui fut amer, Leur rétrospection, qui l’accuse, l’indique. Synthétique est leur glace, et leur flot synoptique ; Et le soleil couchant rougit leur outremer.
Une goutte de sang, qu’il vaporise, jaspe Le col de Montespan, le torse de Campaspe ; Et l’écho du bosquet leur retourne leurs voix ;
Lorsque, sous le grain noir d’une mouche assassine, La Nature fait place à l’Histoire… — et je vois Clio se dessiner au cœur de Mnémosyne.
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