French poem
L’affreux métier de Roi, de naissance on l’exerce
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
L’affreux métier de Roi, de naissance on l’exerce, Sous la haine du peuple, et dans l’exil des cœurs, Louis Quatorze même en connaît les rigueurs ; Et parfois, en ce dieu, l’humanité reperce.
La pourpre est, à traîner, plus lourde qu’une herse ; La blancheur de l’hermine a d’étranges rougeurs. Le Char se fait Charrette, au dam des voyageurs, Et ce n’est pas longtemps que son triomphe berce !
Dans un lit, Louis Quinze en fuit l’anxiété ; Antoinette en son val, Louis Seize en sa forge : Mais la Fraternité les traque, et les égorge.
La Liberté les jette aux fers, l’Égalité Qui les trouve trop hauts, les raccourcit d’une aune… — Et l’Échafaud devient leur véritable trône.
More by Robert de Montesquiou
- Les pleurs de Niobé, les larmes d’Éloa
- Les Rois tirent les Rois, entre eux, avec les Reines
- Louis Quatorze, le Grand Roi, le Roi-Soleil
- Lucifers
- L’altière Montespan nous apparaît sanglée
- L’antique bénitier de Saint-Louis-en-l’Isle
- L’if seul garde encore son funéraire cône
- L’Une pleure, et ne veut pas être consolée