French poem
L’antique bénitier de Saint-Louis-en-l’Isle
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
L’antique bénitier de Saint-Louis-en-l’Isle Éternise la faute, et lave le péché. À l’ombre du pilastre et de l’oubli, caché, Son deuil s’anéantit, et son pleur s’annihile.
L’eau sainte, dans sa conque, est morte comme une huile ; Au-dessus, le regard à son crime attaché, Et, le front sur le lac de ses larmes penché, Depuis deux siècles pleure un Angelot de style.
C’est l’offre expiatoire et le cadeau contrit Que fit au monastère, en pénitent esprit, La Duchesse changée en une Moniale !
Mais, d’un tel Chérubin, l’aile a l’air d’un atour, Dont l’orgueil teinte encor l’eau cérémoniale… — Et ce reflet d’un Ange y dessine un Amour !