French poem
Me voyant plus frisé qu’un gros comte allemant
by Saint-Amant (1594–1661)
Me voyant plus frisé qu’un gros comte allemant, Le teint frais, les yeux doux, et la bouche vermeille, Tu m’appelles ton cœur, ton ame, ta merveille, Et me veux recevoir pour ton plus cher amant.
Tu trouves mon maintien si grave et si charmant, Tu sens à mes discours un tel goust en l’oreille, Que tu me veux aymer d’une ardeur nompareille, Où desormais ta foy sera de diamant.
Pour me donner un nom qui me soit convenable, Cloris, ton jugement est plus que raisonnable Quand tu viens m’appeler un miroir à putains.
Je n’en refuse point le titre ny l’usage : Il est vray, je le suis, tes propos sont certains, Car tu t’es bien souvent mirée en mon visage.