Versos French Saint-Amant Notice

French poem

Notice

by (1594–1661)

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Quand l’an qui court se fermera, J’ouvriray mon douzième lustre, Votre noblesse est mince, Car ce n’est pas d’un prince, Daphnis, que vous sortez. Gentilhomme de verre, Si vous tombez à terre, Adieu vos qualitez ! La sainte harpe de David Preste à mon luth son harmonie ; Si, pour me retirer de ces creuses pensées, Autour de mon cerveau pesamment amassées, Je m’exerce parfois à trouver sur mon luth Quelque chant qui m’apporte un espoir de salut, Mes doigts, suivans l’humeur de mon triste génie, Font languir les accents et plaindre l’harmonie. Mille tons délicats, lamentables et clairs, S’en vont a longs soupirs se perdre dans les airs ; Et, tremblans au sortir de la corde animée, Qui s’est dessous ma main au dueil accoutumée, Il semble qu’à leur mort, d’une voix de douleur, Ils chantent en pleurant ma vie et mon malheur. Tes vers sont beaux quand tu les dis ; Mais ce n’est rien quand je les lis. Ta ne peux pas toujours les dire : Fais-en donc que je puisse lire. … plus de trente églises Et pas un pauvre cabaret, Qu’on me crie au Palais pour un auteur insigne Que d’un bruit immortel tout le monde croit digne, Et qu’après, d’un badaud, pour moins d’un quart d’écu, J’aille courir hasard d’être le torche-cul. Bachot, qui, sans comparaison, Vaut mieux que la nef enchantée Où ce grand coquin de Jason, Quand il eut volé la toison, Enleva la fille d’Ætée. J’escoute, à demy transporté, Le bruict des aisles du Silence Qui vole dans l’obscurité. Qui revoit ondoyer, par un décret fatal, La fumée à flots noirs sur son vieux toit natal, Son visage est plus frais qu’une rose au matin, Quand, au chant des oiseaux, son odeur se réveille. ……Sans respect de l’oreille et du son, Lycidas en Pierrot et Philis en Toinon ; L’abeille, pour boire des pleurs, Sort de sa ruche aimée, Et va succer l’âme des fleurs Dont la plaine est semée. Qui porte, de la part du lys, Un baiser a la rose. Je n’ay point sitost dit que j’ayme Que je sens que je n’ayme plus Je me rendray du moins fameux au cabaret ; On parlera de moy comme on fait de Faret. Qu’importe-t-il, amy, d’où nous vienne la gloire ? Je la puis acquérir sans beaucoup de tourment, Car, grâces a mon Dieu, déjà je sais bien boire, Et j’ay fait la débauche avecque Saint-Amant. Toi qui, comme Bacchus, as bu par tout le monde, Et qui dînes souvent avec des Suédois, Apprends-moy, Saint-Amant… Ajoutez quelquefois et souvent effacez. Et sembloit que la gloire, en ce gentil assaut, Feust à qui parleroit non pas mieux, mais plus haut. Fromage, que tu vaux d’escus ! Je veux que ta seule mémoire Me provoque à jamais à boire. Colletet est bonhomme et n’écrit pas trop mal… Bois-Robert est plaisant autant qu’on sauroit l’être… Gombauld, pour un châtré, ne manque pas de feu… Nous reviendrons tantost. Allons, mon cher Faret, Trouver proche d’ici quelque bon cabaret. Il pense avec raison qu’enfin toute la terre Sera, comme la mer, trop étroite pour lui. …… Il craint que, par quelque attentat, Que par quelque moyen oblique, Fairfax n’aille du moins renverser son état Pour en faire une république. Je pers tout en Angleterre, Poil, nippes et liberté ; J’y pers et temps et santé, Qui vaut tout l’or de la terre ; J’y perdy mon cœur, que prit Un bel œil dont il s’eprit, Sans espoir d’aucun remede ; Et je croy, si Dieu ne m’ayde, Qu’enfin j’y perdray l’esprit. Ployer l’orgueil qui couronne sa teste. … Que l’usage en chaque nation Porte avec soy son approbation. Pour satirique agréable et cuisant ; …… Où l’on mord plaisamment, Où l’on verse à flots noirs de l’encre seulement, Où la plume est l’espée avec quoy l’on s’escrime, Où de joyeux brocards la sottise on réprime ; Bref, on ceux que l’on blesse, au lieu de s’en faucher, Sont pour leur propre honneur contraints d’en riocher. Adieu donc, rimes ridicules…, Vous qui croyez qu’être volume Vaut mieux qu’être écrit à la plume, Que tout le monde vous lira, Que chacun de vous parlera Comme on fait des pièces nouvelles Que vous aurez dans les ruelles Presque autant d’estime qu’en a La Sophonisbe ou le Cinna, Ibrahim ou la Marianne, Alcyonée ou la Roxane, Et les œuvres de Saint-Amant, Au style si rare et charmant. C’est, en Bartas, un donne-ennuy, Comme Bacchus, a bu par tout le monde, …… en sa capacité, N’a jamais veu l’aspre nécessité ; D’éclipse entière en son petit trésor. Peint le petit enfant qui va, saute, revient Et joyeux a sa mère offre un caillou qu’il tient. Sa muse estoit d’un noble étage, Ayant fait pour dernier ouvrage, Sur la naissance du Daufin. Un poème galant et fin, Et de construction charmante, Intitulé : « Lune parlante », Que l’on vend (je croy) chez Sercy… « Semblables au François, qui, durant son jeune âge, Et du Tybre et du Po fraye le beau rivage ; Car, bien que nuit et jour ses esprits soyent flattez. Du pipeur escadron des douces voluptez. ll ne peut oublier le lieu de sa naissance ; Ains chaque heure du jour il tourne vers la France Et son cœur et son œil, se faschant qu’il ne voit La fumée à flots gris voltiger sur son toict.