French poem
Ces jours derniers
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Ces jours derniers dans les airs, la Nature Avait encor je ne sais quelle aigreur, Qui sous l’éclat d’Avril, comme une erreur, Faisait obstacle à l’entière verdure.
Trop jeune cœur et beauté trop peu mûre Sous leur soleil ont aussi leur verdeur : Pour l’adoucir et la fondre en ardeur, Que faut-il donc ? quelle heure est la plus sûre» ?
Mais, l’autre soir, un nuage expiré Cède soudain : la Nature a pleuré, Et d’une pluie elle s’est attendrie ;
Le Printemps règne. — Ainsi, fière Beauté, Qu’un seul pleur tombe en ta jeune âpreté, Et ce n’est plus qu’amour et rêverie.