French poem
« Insensé, qu’ai-je fait ? Voyant le mal sacré »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Insensé, qu’ai-je fait ? Voyant le mal sacré Dévorer tout son cœur et me brûler comme Elle, J’ai voulu, sans atteinte à la flamme éternelle, Diminuer pourtant l’incendie effaré.
J’ai voulu, sur l’autel tout de foudre éclairé, Allumer un rayon pour l’absence fidèle, Et plus également ménager l’étincelle, La lampe vigilante, et qui luit au degré.
J’ai voulu, de Didon, ou de Phèdre, ou d’Hélène, Faire, ô ma Laure aimée, une plus douce Reine, Pour elle aussi plus douce, et pour le cher vainqueur ;
Souriant, se plaisant aux tristesses légères, Chantant sa mélodie au : fond des jours sévères… Je voulais la nuance, et j’ai gâté l’ardeur !
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