French poem
« Je ne connais plus la colline »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Je ne connais plus la colline, La colline ni le vallon, Plaine lointaine ni voisine, Boulevard monotone et long ;
Je ne sais plus herbe ni chêne, Odeur des bois, brise du soir, Tant l’amour heureux qui m’enchaîne M’enchaîne à la ville sans voir !
Si je veux décrire un ombrage, Je ne sais plus les noms des fleurs ; Oiseaux et fleurs, brillant ramage, Ne sont qu’indistinctes couleurs.
Pour chanter la nature absente, Qui dans son lointain m’a souri, Pour rendre à ma voix qui la chante Un peu de ce savoir fleuri,
En des vers que le Soir inspire, Je veux m’essayer, appuyé Au pur ébène de ta lyre, Charmant Collins, presque oublié !
More by Sainte-Beuve
- « Enfant, je m’étais dit et souvent répété »
- « Il est au monde un lieu, quel lieu ! quelles délices ! »
- « Insensé, qu’ai-je fait ? Voyant le mal sacré »
- « Je côtoyais ce lac, tant nommé dans mon rêve »
- « Je ne suis pas de ceux pour qui les causeries »
- « Jeune, avide, inconnu, j’ai désiré la gloire »
- « J’ai reçu, j’ai reçu, les émouvantes pages »
- « J’aime Paris aux beaux couchants d’automne »