French poem
« Je ne suis pas de ceux pour qui les causeries »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Je ne suis pas de ceux pour qui les causeries, Au coin du feu, l’hiver, ont de grandes douceurs ; Car j’ai pour tous voisins d’intrépides chasseurs, Rêvant de chiens dressés, de meutes aguerries,
Et des fermiers causant jachères et prairies, Et le juge de paix avec ses vieilles sœurs, Deux revêches beautés parlant de ravisseurs, Portraits comme on en voit sur les tapisseries.
Oh ! combien je préfère à ce caquet si vain, Tout le soir, du silence, — un silence sans fin ; Être assis sans penser, sans désir, sans mémoire ; Et, seul, sur mes chenets, m’éclairant aux tisons, Écouter le vent battre, et gémir les cloisons, Et le fagot flamber, et chanter ma bouilloire !
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