French poem
« Je côtoyais ce lac, tant nommé dans mon rêve »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Je côtoyais ce lac, tant nommé dans mon rêve ; Je le tenais enfin, et j’en voyais le tour. Le rapide bateau l’embrassait d’un seul jour. Joyeux, je commençais ce qui si tôt s’achève.
Chaque instant amenait quelque nom qui se lève ; Coppet venait de fuir ; Lausanne avait son tour ; Vevay luisait déjà sous sa légère tour ; Clarens… quoi ? c’est Clarens ! bosquet d’ardente sève !
J’admirais, mais sans pleurs, mais sans jeune transport ; Rien en moi ne chantait ou ne faisait effort. de disais : Est-ce tout ? — Le peu de ce qu’on aime,
La fin des longs désirs, leur inégale part, Me revenait alors ; je m’accusais moi-même, Beaux monts, cadre immortel, et que je vois trop tard !
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