French poem
Effet de soir
by Stanislas de Guaita (1861–1897)
La lune, en un brouillard laiteux comme une opale, Se fond, blanche. — Alentour, lumineusement pâle, Vert lumineusement, trouble et mystérieux, L’immense firmament nocturne ouvre les yeux. Du Grand Tout immobile un silence mystique Semble sortir et s’élever : large cantique Qui se tait ! Hymne saint des mondes recueillis !… Nous écoutons parfois cet hymne, enorgueillis D’entendre la parole éloquente des choses… Et tel, lorsque sourit sur tes lèvres mi-closes Un silence. Très Chère, eh bien ! je le comprends ; Tu ne dis rien, mais tes grands yeux sont transparents, Et dans le calme alanguissant que je respire, — Doux comme un crépuscule — à vivre en ton empire, Je me crois transporté sous un vert firmament Vespéral, où Phœbé met son enchantement.