French poem
Procession rustique
by Stanislas de Guaita (1861–1897)
Les blés superbement jaunes roulent des ondes Où pétille, au soleil, de l’or incandescent, Et les coquelicots à la lèvre de sang Lancent au ciel le doux baiser des moissons blondes.
Le prêtre à blancs cheveux, qui porte l’ostensoir Sous le dais éclatant marche, tête baissée. La foule en blouse bleue est après lui massée ; Devant lui, des bambins balancent l’encensoir.
L’on prend, sur le coteau, le sentier qui serpente : Parmi les liserons à la tige rampante, Le jeune instituteur chape marche en chausson,
Mêlant aux fausses voix sa voix fausse et hardie. Mais, (comme tous les cœurs chantent à l’unisson,) C’est — malgré tout — une adorable mélodie.