French poem
Mystère
by Stanislas de Guaita (1861–1897)
Mon Seigneur Jésus-Christ ! Depuis dix-huit cents ans, La morne humanité vient manger et vient boire, Avidement, à ton calice, à ton ciboire, L’antidote sacré des instincts malfaisants.
L’ère nouvelle a lui, riche en promesses vaines, Et le monde d’après vaut le monde d’avant. — Comme aux brises d’été l’arôme des verveines, Les effluves malsains roulent au gré du vent.
Il n'est d’espoir au ciel, ni de bonheur sur terre ; Et notre pauvre front, sous le joug du mystère, Ô blond Galiléen, se courbe bas, très bas !…
Notre esprit, qui devant ta royauté s’incline, Voudrait enfin comprendre — et ne comprendra pas Pourquoi ton flanc divin saigna sur la colline !