French poem
L’Encensoir
by Stanislas de Guaita (1861–1897)
Dans l’encensoir fumant des strophes, j’ai jeté Ma peine coutumière et mon bonheur volage, Tour à tour. — L’encensoir se balance, et dégage Le complexe parfum de ma sincérité.
Un brouillard en spirale onduleuse est monté, Qui se fond, dans la nef, en bleuâtre nuage Où flotte, insaisissable et subtil, le mirage Des caprices changeants de mon cerveau hanté.
J’offre au lecteur de fruit d’une illusion brève : Quand il sera sorti de ta chapelle, ô Rêve ! Adieu l’enivrement des parfums précieux !
Rien ne lui restera des splendeurs purpurines… Mais le faste menteur aura rempli ses yeux, L’arôme fugitif dilaté ses narines !