French poem
Impression de printemps
by Stuart Merrill (1863–1915)
Le village, frileux sous ses toits de vieux chaume, S’ouvre, ce bleu matin, aux désirs du printemps. Cœurs et fleurs vont éclore au ciel qui s’en embaume. C’est un jour où partout les hommes sont contents.
Le blé vert a percé sous la dernière neige, La violette est née au fond des bois anciens, Le lilas va fleurir sous le doux sortilège Des soupirs d’amoureux que le vent mêle aux siens.
L’on a mis des rubans à l’arbre de l’auberge Qui résonne gaiement du rire des buveurs. Les enfants sont partis prier la Sainte Vierge En ce bon renouveau qui rend leurs yeux rêveurs.
Et des cages d’oiseaux, de fenêtre à fenêtre, Amusent les vieillards qui goûtent le soleil, En écoutant, béats de ce tiède bien-être, Ronronner à leurs pieds les chats lourds de sommeil.