French poem
Iv
by Stuart Merrill (1863–1915)
Je crois, folle, que tout l'automne Dort en tes yeux, et ta voix, Las! se lamente monotone Comme le vent lent dans les bois.
Tes cheveux sont couleur des feuilles Qui vont mourir, et tes mains Semblent flétrir, que tu le veuilles Ou non, les fleurs des lendemains.
Aussi taimais-je pour le rêve Lamentable de tes yeux Et ta voix qui fut la voix dEve Pleurant les aubes danciens cieux;
Et surtout pour ta chevelure Qui fut mou léger linceul, Et tes mains à douce brûlure Lors des baisers de seule à seul.
Mais tu ne sus charmer mon âme, Dont le Sauveur ait merci! Car elle est de souffle et de flamme Et pure de limpur souci.
Me voici, féal à mon glaive, De nouveau sous le soleil, Et ces nuits damour sont le rêve, Nest-ce pas? dun mauvais sommeil.
Je vais vers des pays où tonne Le combat des demi-dieux... Ah! folle, folle, tout lautomne Ne dormait-il pas en tes yeux?