French poem
La Chanteuse à la bague
by Stuart Merrill (1863–1915)
Dame aux cheveux nimbés de l’or de tout l’automne Qui pèse sur les fleurs et les fruits du verger, Vous faisiez, ce soir, luire à votre doigt léger Une bague où battait le cœur d’une anémone.
Triste un peu, vous chantiez sur un air monotone La chanson d’un poète au rêve mensonger Qui sous ce ciel en feu m’a longtemps fait songer Aux rois fous qui sont morts sans glaive ni couronne.
Et lorsqu’au rythme uni des gestes et du son Le soleil transperçait la pierre de la bague. Goutte de sang perlant au coup vif d’une dague.
Mon âme abandonnée au cours de la chanson Mourait et renaissait sous le signe éphémère De votre main d’enfant qui charme la Chimère.