Versos French Théodore Hannon Petits Trous Pas Chers

French poem

Petits Trous Pas Chers

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Par ces chaleurs caniculaires La ville devient un enfer Et court vers le chemin de fer En quête de glaces polaires.

Les uns, les poumons aux abois, S'envolent en foule nombreuse Vers les nids de l'Ardenne ombreuse Goûter le charme de ses bois.

Les autres, préférant les sables, S'embarquent joyeux vers la mer Et vont dans le flot dit amer Tremper leurs charmes périssables.

Il est beaucoup d'autres que leurs Grandeurs attachent au rivage En un malencontreux servage Que rendent plus dur ces chaleurs.

Ceux-là cherchent dans les banlieues Quelque recoin qui leur soit cher, Au fond d'un petit trou pas cher, Dans le rayon de quelques lieues...

Là, bien économiquement, Leur femme et leur progéniture Font de la villégiature En chambre, par abonnement.

Le jardinet, c'est leurs Ardennes, La mare vaut la mer pour eux, Sans Casino plein d'amoureux Le cœur fait la nique aux fredaines.

Les époux n'y sont point marris... Dans leurs bureaux ils se surmènent Et tous les samedis s'amènent En chœur par le Tram des maris.