French poem
Pleins Battus
«La saison de Machin-sur-Chose bat son plein.» Les Journaux.
Voici s'exaspérant l'exode Des prisonniers de nos cités Par les vacances excités. Gratte ton luth, pauvre rapsode!
Au doux coin qu'un rêve estompa, Que chacun désormais prétende: Les uns se salent vers Ostende, Les autres se ferrent à Spa.
Avec véhémente allégresse Dans quelque petit trou pas cher, D'autres s'en vont durcir leur chair Où fondre leur excès de graisse.
Emportant chien, bonne, poupart, Le citadin quitte son home; L'époux avec l'épouse part, La femme file avec son homme.
Les chemins de fer sont lestés De la foule cosmopolite Des voyageurs moins attristés Que feu les coursiers d'Hippolyte,
Lors, secoué par le wagon, On vole vers l'éden paisible... Déjà monsieur est moins bougon, Madame n'est plus irascible.
Le train a beau siffler, moqueur, Les bienheureux touristes roulent Vers un nouveau printemps du cœur Où les soucis d'hier s'écroulent...
Puis, devant la mer, le mari: «Que d'eau.» Sa bourgeoise étonnée Mais nature, pousse ce cri: «Dieu, quelle belle savonnée!!»