French poem
Photographes
Juillet nous rissole à grands feux Et l'on fuit vers la mer avide En regrettant presque les feus Saints de glace... La Ville est vide.
Déjà le long du littoral La foule rit, trempe, caquête, Depuis le baigneur doctoral Jusqu'à la baigneuse coquette.
L'un encerclé comme un tonneau Dans le caleçon blanc et jaune, Gros et gras, velu comme un faune, Va, ballotté par la pleine eau.
L'autre dûment déshabillée En son costume suggestif, Charme d'un galbe... apéritif La galerie émoustillée...
Or, le photographe amateur A l'affût parmi les cabines, Et s'en pourléchant les babines, Opère en prompt escamoteur.
Et son appareil plutôt leste A pris au vol plus d'un bras nu Dont le souvenir ingénu Dans les yeux et le cœur nous reste.