French poem
J’ai trop d’honneur d’estre amoureux
by Théophile de Viau (1590–1626)
J’ai trop d’honneur d’estre amoureux, Et voy bien que les plus heureux Ont droict de me porter envie ; Mais, quoy que menasse le sort, Je puis bien deffier la mort. Puisque vous possedez ma vie.
Les plus devotieux mortels, Rendant leur service aux autels Qu’on dresse aux deitez supresmes, Ne font brusler que de l’encens, Et pour vous adorer je sens Que je me suis bruslé moy-mesme.
Les roys ont de divers honneurs : Leurs esclaves sont des seigneurs, Les elemens sont leur partage, Toute la terre est leur maison ; Moy je n’ay rien qu’une prison, Mais je l’estime davantage.