French poem
Le soleil a doré tes lèvres. Un bourdon
by Tristan Derème (1889–1941)
Le soleil a doré tes lèvres. Un bourdon S’éveille et bat les murs. Prends ton sourire et ton Ombrelle ; tu courras sur l’herbe fraîche. L’aube Est moins claire que ton visage et sur ta robe Le matin lancera des flèches de clarté. Tout chante et nous marchons vers ce bois écarté Où nous vîmes des musaraignes. Une huppe A crié. Cet ajonc va déchirer ta jupe. Je t’aime. Je voudrais que tu dises : « Je suis Heureuse ». Ne ris pas. Les grillons grincent. Suis Le sentier ; ne mets pas tes pieds dans la rosée. Une mésange sur les ronces s’est posée. Elle s’envole. Tu partis naguère. Mais Ta main cueille le thym et les houx embaumés.
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