French poem
Esprits ardants coureurs qui animez le foudre
by Abraham de Vermeil (1589–1620)
Esprits ardãts coureurs qui animez le foudre, Et vous Anges legers qui agitez les ers, Ames qui ébranslez les flots du monde pers, Et vous démons pesans qui rampez sur la pouldre : Pourriez-vous chers esprits, doctement me resouldre, De quoi sont ces beaux yeux pour lesquels ie me pers ? Sont-ils d’er ou de feu, de terre ou bien des mers, Qu’ils puissent m’animer & soudain me dissoudre ? Fuiez pauures démons si vous ne le sçauez, Autrement vous serez comme moi entrauez, Et perdrez par le feu le plus sain de voz formes. Mais c’est par trop resué, vous ne le sçauez pas : Car si vous le sçauiez, vous tendriez des appas, Qui vous rendroient seigneurs & des dieux & des hommes.
A. D. V.