French poem
163 (J’ai vraiment vécu des jours tels…)
J’ai vraiment vécu des jours tels, Si longs, si lourds par la souffrance, Que je songe avec complaisance Que rien d’humain n’est immortel !
N’être plus ! ni moi, ni toi-même ! Oui, ni toi ! par qui j’ai connu L’horreur de craindre ce qu’on aime ! — Ignorer combien tu m’as plu, Et que tu fus l’homme suprême Par qui tout autre était exclu,
— Toi dont j’ai baisé le bras nu !…