Versos French Aristide Bruant Tanneur

French poem

Tanneur

by (1851–1925)

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« Je suis tanneur… tanneur… tanneur… » Dit le vieux, pendant qu’on lui serre Les deux mains. Vrai, c’est un honneur Que le pauvre n’attendait guère. Il ne peut croire à son bonheur Et sa joie éclate en trompette ; Il reprend et l’écho répète : « Je suis tanneur… tanneur… tanneur… »

Je suis tanneur… tanneur… tanneur… Et j’aurais pu, tout comme un autre, Ne pas l’être ! Aussi, quel honneur Que ce métier-là soit le nôtre ! Et mes fils auront le bonheur De pratiquer, longtemps encore, Ce noble état qui nous honore. Je suis tanneur… tanneur… tanneur…

Je suis tanneur… tanneur… tanneur… Et le train roule… et la musique Joue… Et l’on crie : « Hourra !… Honneur !… Vive à jamais la République ! » Et le vieux, ivre de bonheur, Dit : « J’ai bien gagné la médaille ; Voilà trente ans que je travaille, Je suis tanneur… tanneur… tanneur… »

Août, 1896.