French poem
Xviii
by de Meun Jean
Comment l'Amant dit cy qu'Amours Le laissa en ses grans doulours.
Tout maintenant que Amors m'ot Di son plaisir, ge ne soi mot
Aussitôt vers le coeur envoient Les nouvelles de ce qu'ils voient, Et dans ses transports sent le coeur Dissiper avec sa douleur Les ténèbres qui l'obscurcissent. Tel qu'au matin s'évanouissent Soudain les ombres de la nuit, Tel Doux-Regard anéantit Les ténèbres où coeurs languissent Qui nuit et jour d'amour gémissent; Car le coeur de tout s'éjouit Quand l'oeil de ce qu'il voit jouit. Je t'ai fait, je pense, en bon maître, Tes fautes, tes erreurs connaître; Car je t'ai conté, sans mentir, Les biens qui peuvent garantir Les amants et sauver leur vie. Or donc, ces trois présents n'oublie; Je te donne ainsi pour ta part Et Doux-Parler, et Doux-Regard, Et Doux-Penser, et l'Espérance; Ils te donneront assistance Et te feront attendre mieux D'autres biens non moins précieux, Mais meilleurs encor par la suite; De ceux-ci dès ce jour profite.
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