French poem
Xxvi
by de Meun Jean
Comment l'Amant vient à Dangier, Luy prier que plus ledangier Ne le voulsist, et par ainsi Humblement luy crioit mercy.
A Dangier suis venu honteus, De ma pès faire convoiteus; Mès la haie ne passai pas, por ce qu'il m'ot véé le pas.
Croyez-en mon expérience, Si le premier jour sa démence Effraie, il est autre au dernier, Je le connais comme un denier. Rien n'adoucit mieux ce cerbère Que la caresse et la prière. Or, voici ce que vous ferez: D'abord vous lui demanderez Qu'il vous pardonne votre injure Par amour, bienveillance pure, Et jurez-lui, la main levant, Que jamais plus dorénavant Ne ferez rien qui lui déplaise; Car il n'est rien qui tant lui plaise Que caresse de bon flatteur.»
L'Amant.
Parlait avec tant de chaleur Ami, que mon âme ravie Reprit courage. Alors l'envie Me vint aussitôt d'essayer Si je pourrais l'apitoyer.
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