French poem
Chélidone
by Édouard Ducoté (1870–1929)
Ô mer, j’ai demandé que mon logis funèbre fût érigé tout auprès de ta grève. Peut-être que l’amant au regret incertain, partagé entre la rancune et le chagrin, comprendra les leçons de ta changeante voix. Ô mer, combien j’étais pareille à toi ! Tu n’es ni bienfaisante ni méchante ; tu caresses la digue et soudain tu l’emportes ; tu n’entends pas les hurlements des naufragés que tu dévores, tu n’entends pas non plus les chants des matelots entrant au port ; tu berces les vaisseaux et tu les engloutis. J’étais ainsi : ma même main blessait et guérissait, et, vraiment, je ne méritais ni qu’on me louât d’être bonne, ni qu’on me reprochât le mal que je faisais.