French poem
018 (Rappelons-nous, puisqu’aussi bien le souvenir…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Rappelons-nous, puisqu’aussi bien le souvenir Est désormais le lot suprême qui nous reste. Rappelons-nous combien par parole et par geste Nous péchions, au moment charnel de nous unir ;
Rappelons-nous combien, pour tous deux, le plaisir Avait peu de ragoût s’il n’était immodeste ; Combien chacun de nous était expert et preste À varier l’unique jeu de nous saisir ;
Rappelons-nous nos âpres heures de luxure. Notre appétit commun de sang et de blessure : Et puis, émerveillés, demandons-nous comment,
Avec ces cœurs de boue et ces âmes de fange, Nous avons pu, parfois, d’un si bas logement, Nous élancer si haut, tous deux, comme un seul ange !
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