French poem
021 (L’humble fille des champs, tu sais…)
by Georges Docquois (1863–1927)
L’humble fille des champs, tu sais, que j’ai séduite, Dans l’imbécile espoir de t’oublier un peu, Est tout à fait fermée à l’érotique jeu ; Et tu rirais de sa ridicule conduite.
De même qu’elle s’est offerte tout de suite, De même elle est soumise aux abus de mon vœu : Mais cette primitive a faim surtout de bleu, Et sur le bord du mal elle tremble, elle hésite.
Elle a toujours rêvé qu’on l’aimât gentiment ; Elle est dans toute sa fraîcheur de sentiment. Ses yeux demeurent clairs, tels ceux d’une madone.
Elle ne comprend rien à ma salacité : Chastement (pourras-tu le croire ?) elle se donne, Et goûte mon étreinte avec honnêteté.
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