French poem
027 (Nous mentir, on l’a dit, c’est…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Nous mentir, on l’a dit, c’est pure charité. Plus nous aimons, plus nous devons être hypocrites. Et je ne t’ai gagnée, et tu ne me mérites Qu’autant que nous savons montrer de fausseté.
Et si je flotte, ici, loin de toi, démâté, C’est bien parce que, moi, j’ai violé ces rites ; Et c’est parce que, toi, ma chère, tu t’irrites, Quand on te dit, subitement, la vérité.
Je le vois, maintenant, j’aurais été plus sage En persistant à te cacher mon vrai visage, En conservant mon masque ; et tu l’aurais souffert,
Que je garde indûment cette blancheur de cygne ! Or, c’est par trop d’amour que je t’ai découvert Mon humaine laideur… Tu n’en étais pas digne.
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