French poem
030 (Tu n’as pas fait sur moi…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Tu n’as pas fait sur moi le beau geste qui lave Et que le prêtre fait d’un signe de sa main ; Et, pour t’avoir dit tout de moi, le lendemain, Je ne m’en suis senti qu’un peu plus ton esclave.
Le châtiment que tu m’infligeas fut plus grave Que n’eût été celui d’un tribunal humain : Celui-ci nous remet dans un meilleur chemin ; Le tien, femme, nous avilit et nous déprave.
Oui, lorsque tu n’eus plus pour moi que du mépris, Mon étreinte à tes yeux parut tripler de prix ; Tu ne m’en embrassas qu’avec plus grande rage,
Rabaissant notre amour au plus sadique emploi ; Et tu me lis, alors, ma chère, un double outrage, Car tu me méprisais et te servais de moi !
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