French poem
035 (Dis, te rappelles-tu l’ineffable douceur…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Dis, te rappelles-tu l’ineffable douceur (En moi le souvenir comme un miel s’en épanche) De nos dîners chez toi, mon amour, le dimanche ? Tu me disais : « Mon frère, embrassez votre sœur. »
Puis tes mignonnes mains, satin, parfum, fraîcheur. Jetaient, jetaient, jetaient (oh ! l’exquise avalanche !) Tant de fleurs sur la nappe adorablement blanche Que nous n’en pouvions plus distinguer la blancheur !
Mais, à d’autres festins, où, frémissants et blêmes, Nous nous attablions, affamés de nous-mêmes, Adieu, tous nos propos fraternels et légers !
Adieu, la pureté de la petite salle ! Couvrant notre désir de bouquets mensongers, Nous ne voulions pas voir que la nappe était sale…
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