French poem
130 (« Si je pouvais savoir où…)
by Georges Docquois (1863–1927)
« Si je pouvais savoir où la dame demeure, » Me dit le bon garçon, « je lui rapporterais L’éventail. Elle en a, sans doute, des regrets… » Lui donnerai-je ton adresse ? Ah ! que je meure,
Bien plutôt ! J’ai, du reste, une raison majeure Pour ne point lui livrer ce secret des secrets. Je lui réponds : « Soyez tranquille : tout exprès. Vous la verrez, demain, venir à la même heure. »
Il se tait, me regarde… Il me comprend, ma foi ! J’en jurerais, vois-tu !… « Mais pas un mot de moi. Surtout ! » reprends-je. « Pas un mot. C’est d’importance ! »
Ah ! certe, il m’a compris ; oui, ce n’est pas douteux. « Entre hommes l’on se doit mutuelle assistance, » Dit-il. Et nous rions, complices, tous les deux.