French poem
129 (De ce bel éventail, pour un…)
by Georges Docquois (1863–1927)
De ce bel éventail, pour un anniversaire, Je t’avais fait présent. Comme il t’affriola ! Tu l’avais vu chez la modiste Paméla Et l’avais désiré d’un désir très sincère.
On y voit, dans des fleurs, la lascive Glycère. Moire et dentelle. Éventail de demi-gala. « Oh ! mon chéri, quel beau plaisir tu me fais là ! » Me dis-tu. « Sur mon sein vois comme je le serre ! »
Puis, riant, tu repris : « Si je l’égare, un jour, C’est que j’aurai cessé de t’aimer, mon amour ! » Sur ce, tu me donnas ton baiser le plus tendre…
Or, ce cher éventail, hier, tu l’as perdu ! Sans doute as-tu voulu par là me faire entendre Que tu me hais ?… Je n’en crois rien, bien entendu !