French poem
143 (Si tu n’avais jamais voulu que…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Si tu n’avais jamais voulu que me chérir ; Si, porteuse d’une âme exclusivement tendre, Tu n’avais pris mon cœur qu’afin de le défendre ; Si tu m’avais aimé sans me faire souffrir ;
Si, jalouse de préserver notre avenir, Tu ne l’avais sali, trop souvent, de la cendre D’un passé dans lequel tu voulus redescendre ; Enfin, si tu m’avais du mien voulu guérir,
Quelle joie aujourd’hui ne serait pas la nôtre ! Nous n’aurions qu’un désir : vivre l’un près de l’autre Nous n’aurions qu’un objet ; notre mutuel bien.
Sûr, alors, d’un bonheur qu’aucun trait n’envenime. Je l’aurais savouré sans en écrire rien… Et tu serais restée encor plus anonyme.
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