French poem
145 (J’ai lu ces mots : Belle…)
by Georges Docquois (1863–1927)
J’ai lu ces mots : Belle et méchante, sur ton front. Je n’ai pas déchiffré le second tout de suite. Non, ta méchanceté n’apparaît pas subite. Las ! à la discerner je ne fus que trop prompt !
Je dis — d’autres aussi, sans doute, le diront — Qu’à te croire méchante un moment on hésite, Mais qu’on n’est qu’un moment hésitant ; car, bien vite Ton masque de bonté se détache et se rompt.
Un tel signalement, au surplus, ne suggère Rien d’exceptionnel, puisque tu n’es, ma chère, Ni belle à rendre fou, ni méchante à l’excès.
Si tu l’as oublié, lors, je te le rappelle, Ou te l’apprends, si, par hasard, tu ne le sais : Tu n’es pas plus méchante, au fond, que tu n’es belle.
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