Versos French Georges Docquois 144 (Laure fut pour Pétrarque une divinité…)

French poem

144 (Laure fut pour Pétrarque une divinité…)

by (1863–1927)

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Laure fut pour Pétrarque une divinité. Mais il n’est plus de Laure ; et nos pauvres cervelles Ne pourraient inventer des images nouvelles Pour chanter la vertu d’accord et la beauté.

Où trouver, dans ces temps de bestialité, Des amantes qui soient vertueuses et belles ? La beauté, la vertu ne sont plus sœurs jumelles ; Et c’est tant mieux, ma foi ! pour notre infirmité !

Vertu, beauté n’inspirent plus rien à la lyre. Fusses-tu belle et bonne, eh ! que pourrais-je dire De toi qu’on n’eût pas dit d’une autre, auparavant ?

Et je bénis l’amour, qui permet qu’on te chante D’un accent, je l’espère, assez neuf et fervent, Parce que sur ton front on lit : Belle et méchante.