French poem
205 (L’air de la ville où tu…)
by Georges Docquois (1863–1927)
L’air de la ville où tu respires m’est mauvais ; Et, j’ai beau m’en remettre à ma volonté forte, Je m’énerve ; et, parfois, tremblant, j’ouvre ma porte Et pense, sur le seuil : « Oui, c’est dit, je m’en vais ! »
Alors, tournant le dos à la maison, je fais Dix pas, vingt pas, cent pas, m’excitant de la sorte… Mais ma velléité d’exil est bientôt morte ; Et je rentre chez moi… Quand y serai-je en paix ?…
Que ne t’en vas-tu, toi, de ces lieux la première !… Ah ! pour sembler me fuir je te connais trop fière ! Sans doute te dis-tu, comme moi : « Bah ! plus tard… »
Mais nous savons, tous deux, quelle attente est la nôtre ! Et, sans nous l’avouer, nous guettons ce hasard Qui doit nous replacer l’un en face de l’autre !…
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