French poem
209 (Au sablier laissons couler dix ans…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Au sablier laissons couler dix ans de sable. Marianne ; et, si je respire, à ce moment, Un jour, tu reverras de ton premier amant Le visage, pour toi, sans doute haïssable.
Mais peut-être te sera-t-il méconnaissable, Ce visage, à cette heure, en son vieillissement, — Visage de celui qui fit son instrument De ton doux corps, on ta jeunesse irresponsable !…
Lorsque j’arriverai, ce sera vers le soir : Et tu m’inviteras, poliment, à m’asseoir… Or, surveillant la bûche, ou bien tirant l’aiguille,
Tu me reconnaîtras, peut-être, à mon émoi De voir ton premier fils — ou ta première fille — Refuser, par instinct, de s’approcher de moi !…
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