French poem
211 (Combien d’êtres vivants moururent sans un…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Combien d’êtres vivants moururent sans un cri Dans ma propre enveloppe et sous ma propre écorce ? Le faible enfant, l’adolescent croissant en force Et par l’amour prématuré déjà flétri ;
Puis l’homme en son premier espoir déjà meurtri ; Puis cet autre homme que je fus, d’âme retorse Et qui lançait si bien sa dangereuse amorce… Combien de ces vivants en moi-même ont péri ?
Mais de ce faible enfant, de l’adolescent même, Soulevé d’idéal, chimérique à l’extrême, Et des hommes aussi que je fus tout d’abord.
Si la mémoire en moi se dispersa si vite, Il reste, néanmoins, ceci, qui n’est pas mort : Et c’est ce cœur ardent qui sous ma main palpite !