Versos French Gustave Le Vavasseur Épilogue des Poésies fugitives

French poem

Épilogue des Poésies fugitives

by (1819–1896)

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Lorsque je serai mort, oh ! je vous en convie, Si vous vous rappelez une heure de ma vie, Amis, où d’amitié j’aie oublié la loi, Oubliez-moi,

Mais si quelqu’un de vous, entonnant ma louange, Dit : Il n’est plus, l’ami, dont la parole étrange Parfois pour consoler avait des mots si doux, Souvenez-vous.

Si l’on vous dit : C’était un bizarre égoïste, Un pédant envieux, un philosophe triste, Qui, doutant de lui-même en personne n’eut foi, Oubliez-moi.

Mais si quelqu’un répond : Avez-vous souvenance Que ce frondeur sans fiel et sans impertinence, Quand nous avions raison, se soit moqué de nous ? Souvenez-vous.

Si quelque Hamlet, heurtant du pied mes os livides, Dit : Hélas ! Yorick, pauvre crâne aux yeux vides, Tu sonnais toujours creux quand on frappait sur toi, Oubliez-moi.

Si quelque autre, arrêtant la voix qui me condamne, Dit : Vous ne savez pas ce qui fut sous ce crâne, Dieu cache la sagesse aux cervelles des fous, Souvenez-vous.

Si l’on vous dit encor : Ci-gît un homme impie, Qui sans doute en enfer dans les tourments expie Les hommages cafards qu’il rendait à son Roi, Oubliez-moi.

Mais si quelqu’un de vous se lève et dit : Mensonges ! Il croyait au grand Dieu qu’il voyait dans ses songes Et, quand il était seul, il priait à genoux, Souvenez-vous.