Versos French Jacques Normand 10 (L’entr’acte commence : au hasard…)

French poem

10 (L’entr’acte commence : au hasard…)

by (1848–1931)

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L’entr’acte commence : au hasard Sortant du théâtre, la foule, Ainsi qu’un torrent qui s’écoule, Se répand sur le boulevard. « Allons, messieurs !… que l’on s’élance ! Prenez celle-ci… celle-là !… Regardez… choisissez… voilà La bell’ Valence ! » Fruit populaire qui nous viens De là-bas, passé la montagne, Tu mets comme un parfum d’Espagne Sur nos trottoirs parisiens ; Et quand la lanterne te lance Son rouge éclair horizontal, Je pense à ton pays natal, Ô bell’Valence ! Je revois, sous les cieux légers D’un automne tel qu’on le rêve, Le train qui passe et qui m’enlève Au milieu des bois d’orangers. J’entends la brise qui balance Avec un doux bruissement Dans son arbre, amoureusement, La bell’Valence ! Encor des orangers, encor… La plaine entière en est couverte : Sur un tapis de mousse verte C’est un semis de boutons d’or. Dans sa superbe nonchalance Le soleil, aux lointains rosés, Se lève, et rougit de baisers La bell’Valence ! Tel est le rêve que je fis Bien souvent quand, sur les charrettes, Étageant tes rondeurs proprettes, Ô fruit d’Espagne, je te vis ! « Allons, messieurs !… que l’on s’élance ! Prenez celle-ci… celle-là !… Regardez… choisissez… voilà La bell’Valence ! »