Versos French Jacques Normand 29 (Bien au-dessus de la mer bleue…)

French poem

29 (Bien au-dessus de la mer bleue…)

by (1848–1931)

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Bien au-dessus de la mer bleue, Dans le ciel clair, De son interminable queue, Balayant l’air, Et comme un gros corps sans cervelle Cabriolant, S’agite au bout d’une ficelle Le cerf-volant. Majestueusement cocasse, Tout galonné, Au beau milieu de sa carcasse Il est orné D’un grand soleil où l’or ruisselle Étincelant, Et que vient trouer la ficelle Du cerf-volant. Le grand oiseau fantasque et bête, Du fil léger Veut, par maint et maint coup de tête, Se dégager : Mais une force l’ensorcèle, Le turbulent… C’est l’enfant qui tient la ficelle Du cerf-volant. Ainsi, dans ce monde où nous sommes, Combien souvent Nous voit-on rester, pauvres hommes, Bas dans le vent ! Le grand ciel libre nous appelle, Affriolant… Mais une main tient la ficelle Du cerf-volant. En vain le vent léger nous pousse Bien loin, là-bas ; La main qui nous tient, ferme et douce, Ne lâche pas : Car cette main mignonne est celle Du dieu galant, L’Amour, — qui tire la ficelle Du cerf-volant !