French poem
29 (En ces temps graves où nous…)
by Jacques Normand (1848–1931)
En ces temps graves où nous sommes, Tandis qu’aux frontières les hommes Combattent pour la Liberté, Au chevet des blessés, les femmes Donnent le meilleur de leurs âmes En ton nom, sainte Charité. Elles apaisent la souffrance Par leurs soins doux et consolants : Qu’ils sont aimés, les Anges blancs De notre Croix-Rouge de France !
Après la bataille acharnée, Dans l'ambulance illuminée Comme d’un rayon de douceur, Nos soldats, noble chair meurtrie, Croient revoir l’image chérie D’une mère ou bien d’une sœur : Car il n’est point de différence Pour ces pauvres êtres dolents, Entre elles et les Anges blancs De notre Croix-Rouge de France !
Aussi délicates que sûres, Leurs mains, pour guérir les blessures, Ont des secrets ingénieux ; Parfois le plus cruel martyre Est amoindri par leur sourire Et la caresse de leurs yeux. Pour leur tendre persévérance, Leurs soins actifs et vigilants, Qu’ils sont chéris, les Anges blancs De notre Croix-Rouge de France !
Dans les grandes salles muettes, Leurs moyenâgeuses cornettes Rappellent quelque vol d’oiseau ; Sous leurs simples robes de toile, Leurs tailles, qu’un tablier voile, Ont des souplesses de roseau. Quelle harmonieuse assurance En leurs gestes précis et lents !… Qu’ils sont nobles, les Anges blancs De notre Croix-Rouge de France !
Pour réconforter ceux qui pleurent, Pour prier près de ceux qui meurent, Bien de ces femmes, chaque jour, S’éloignent du foyer tranquille, Où la vie, heureuse et facile, Les retenait avec amour. Mais, quand au devoir on s’élance, Rien n’arrête de tels élans… Ils sont soldats, les Anges blancs De notre Croix-Rouge de France !
Aussi, par la foule innombrable De ceux que d’un cœur secourable Vous avez sauvés ici-bas ; Par le Dieu de bonté, le « nôtre »… — Non le Dieu farouche d’un autre, Dieu de la haine et des combats ; — Par nous tous que votre vaillance, Sans y songer, rend plus vaillants, Soyez bénis, doux Anges blancs De notre Croix-Rouge de France !
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