French poem
31 (Si vous étiez fleur, ô ma…)
by Jacques Normand (1848–1931)
Si vous étiez fleur, ô ma bien-aimée ! La fleur parfumée Au corselet vert, Je serais zéphyr, et viendrais, fidèle, Vous frôler de l’aile En glissant dans l’air. Si quelque beau soir vous étiez l’étoile Qui brille sans voile Dans les cieux discrets, Je serais rayon, et dans ma lumière Belle prisonnière Je vous bercerais. Si vous deveniez la naïade blonde Moi je serais l’onde Du ruisseau jaseur, Et vous charmerais, dans la grotte obscure, De mon doux murmure Et de ma fraîcheur. Mais puisque aujourd’hui vous êtes la femme Qui ravit mon âme, Je serais heureux D’être seulement, pour calmer mes fièvres, Le sang de vos lèvres, L’or de vos cheveux !