French poem
36 (Ami, ton œuvre est belle…)
by Jacques Normand (1848–1931)
Ami, ton œuvre est belle : elle t’a su placer, D’un seul bond, au-dessus de la foule commune : Mais — mérite plus grand et plus rare fortune ! — Ton œuvre est bonne, ami, car elle fait penser.
Quand je la vois, je sens en mon cœur se glisser Comme un frisson subit de honte et de rancune ; Et le passé surgit — rêverie importune, Mais féconde — et que nul n’a droit de repousser.
Vers l'horizon blanchi par l'aube qui se lève, Ô canon, tourne-toi ! sans repos et sans trêve Lance le lourd obus aux sifflements hardis !…
Inactif et glacé maintenant tu reposes : Mais les cœurs que brûla le feu des nobles causes Sitôt que les canons ne sont pas refroidis.