French poem
53 (Parmi tous ces récits de guerre…)
by Jacques Normand (1848–1931)
Parmi tous ces récits de guerre merveilleux Où l'ai-je lu, ce mot de sublime courage ?… Un soldat, un héros, combattant avec rage, Roule à terre… Une balle a crevé ses deux yeux.
Être aveugle, à vingt ans !… N’eût-il pas valu mieux Mourir, mourir d’un coup ?… Ne plus voir, à cet âge !... Toute la vie, un voile noir sur le visage… Ne plus jouir jamais de la clarté des cieux !
À l’ambulance, autour de lui, chacun s’empresse… Un officier accourt, lui parle avec tendresse, Le serre dans ses bras : « Mon enfant !… Mon ami !… »
Et lui, très simplement : « Merci, mon capitaine… » Mais je me souviendrai, quand j’aurai trop de peine, » Que mon dernier regard a vu fuir l’ennemi ! »